Comment se déroulent l'IVG?
L'ensemble du processus se déroule en quatre temps:
Temps n°1: consultation chez votre médecin.
Votre médecin va vous réinterroger sur vos antécédents, vérifier avec vous la date de vos dernières règles, vous examiner pour s'assurer qu'il n'y a pas d'anomalie, puis confirmer la grossesse par la pratique d'un test sanguin. Il va également discuter avec vous de votre désir d'IVG, des possibilités qui s'offent à vous pour poursuivre éventuellement cette grossesse, et des différentes techniques d'IVG (médicaments ou aspiration classique) si vous choisissez d'y mettre un terme. Si finalement, vous choisissez l'IVG médicamenteuse, votre médecin vous conseillera un centre d'orthogénie capable de la réaliser.
Après cette première consultation, la loi prévoit un délai de sept jours, pour vous laisser mûrir votre décision. Toutefois en cas d'urgence, ce délai peut être ramené à deux jours.
Temps n°2: consultation au centre d'orthogénie, prise de mifépristone
Le médecin du centre vous reçoit, il vérifie avec vous le respect des dispositions légales, et contrôle les exames demandés. Au terme de la consultation, vous prendrez troi comprimés de mifépristone. Ce produit peut entraîner quelques saignements dans les deux jours qui suivent.
Ce premier médicament peut, dans quelques rares cas, déclencher à lui seul l'avortement. Le plus souvent, c'est après la prise du second médicament qu'il surviendra.
Temps n°3: hospitalisation de trois heures, prise de misoprostol
48 heures après la prise de mifépristone, vous retournerez au centre d'orthogénie pour y être hospitalisée pendant trois heures. Vous recevrez deux comprimés de misoprostol, puis vous attendrez, confortablement installée, le déclenchement de l'avortement. Celui-ci survient dans 80 % des cas au cours de cette brève hospitalisation. Vous quitterez alors le centre d'orthogénie, et débuterez immédiatement une contraception orale. Une semaine plus tard, vous aurez une visite de contrôle au centre, ou chez votre médecin.
Si l'expulsion n'a pas lieu au centre, vous le quitterez quand même au bout de trois heures (éventuellement après une seconde prise de m isoprostol). L'expulsion se produit alors en général dans les heures qui suivent votre départ, ou le lendemain.
Temps n°4: visite de contrôle
Elle a lieu 10 à 15 jours après l'expulsion. Si celle-ci a eu lieu à l'hôpital, un simple examen clinique suffit. Dans le cas contraire, une échographie aura été pratiquée avant la visite de contrôle, pour s'assurer de l'expulsion complète.
Que fait-on si l'expulsion n'a pas lieu?
Si l'expulsion n'a pas eu lieu le lendemain de la prise de misoprostol, il faut envisager une IVG classique par aspiration: cela arrive dans 2 à 5% des cas.
Quels sont les effets secondaires?
Les principaux effets secondaires de cette technique sont des douleurs pelviennes et des troubles digestifs.
Les douleurs pelviennes débutent en général un quart d'heure après la prise de misoprostol, et durent environ 45 minutes. Leur intensité est celle de règles douloureuses. Elles seront contrôlées par la prise d'antalgiques au centre.
Les troubles digestifs sont des nausées, des vomissements, parfois une diarrhée. Ils sont assez fréquents, mais rarement intenses
Quelles sont les complications possibles de cette technique?
Trois types de complications sont possibles
La poursuite de la grossesse doit être considérée comme une complication. Elle impose la pratique d'une échographie 10 jours après la prise de misoprostol, si l'expulsion n'a pas été constatée au centre
Les hémorragies elles sont rares. Elles peuvent se produire au moment de l'expulsion ou dans les jours qui suivent. Elles sont rarement abondantes (nécessité d'une aspiration pour interrompre le saignement dans 0.3% des cas, d'une transfusion dans 0.1% des cas).
Les rétentions utérines une rétention significative de caduque (les membranes qui entourent l'embryon) survient dans 0.6% des cas, imposant une aspiration secondaire.
Et après?
Après, et dès l'expulsion, l'important est de reprendre une contraception, et de l'observer rigoureusement, cette fois...